Myélopathie dégénérative, gène de modification SP110

Gène impliqué SP110

Mode de transmission : Autosomique dominante

Pour une maladie génétique autosomique dominante, un animal doit avoir au moins une copie de la mutation en question pour être à risque de développer la maladie.  Les animaux avec deux copies de la mutation présentent généralement des symptômes plus sévères ainsi qu’un début précoce de la maladie que les animaux avec une seule copie de la mutation.  Le ou les deux parents d’un animal porteur de la mutation ont obligatoirement une ou deux copies de la mutation.  Les animaux qui ont une ou deux copies de la mutation peuvent transmettre la mutation à leur descendance.

Mutation : Substitution, SP110 ; chr.25:45,443,320, A>G, exon9

Races : Welsh Corgi Pembroke

Âge d’apparition des signes cliniques : 7 à 9 ans

La myélopathie dégénérative (MD) est une maladie neurodégénérative observée chez de nombreuses races de chien. Elle est équivalente à la maladie humaine appelée sclérose latérale amyotrophique (SLA), aussi connue sous le nom de « maladie de Lou Gehrig ». Le MD est une maladie progressive qui affecte la substance blanche de la moelle épinière. L’âge d’apparition moyen des signes cliniques chez le chien tourne autour de 9 ans, mais reste très variable entre les chiens. Les chiens atteints commencent généralement à présenter des symptômes d’atrophie musculaire progressive avec une perte initiale de coordination des membres postérieurs. Ils peuvent perdre leur mobilité six mois à deux ans après l’apparition de ces premiers signes. La douleur n’est pas associée à la progression des symptômes. Il n’y a pas de traitement pour la maladie. Celle-ci peut évoluer jusqu’à ce que l’animal soit incontinent et éventuellement paraplégique Souvent, l’animal affecté est euthanasié pour des raisons humanitaires avant même qu’il n’atteigne ces derniers stades.

Le MD est une maladie autosomique récessive avec une pénétration variable. Bien qu’un facteur de risque génétique majeur pour les chiens soit une mutation dans l’exon 2 du gène SOD1 (c.118, G> A), on suppose qu’il existe d’autres facteurs de risques génétiques (gènes modificateurs) qui contribuent à la vitesse de progression de la maladie. La complexité génétique de la myélopathie dégénérative s’apparente à la SLA chez l’homme.

La race de chiens Welsh Corgi Pembroke présente une fréquence élevée (plus de 30%) de la mutation SOD1 et les individus double mutés M / M sont susceptibles de développer une MD. Cependant, tous les Welsh Corgi Pembroke qui sont double mutés M / M pour SOD1 ne développeront pas de MD. En effet, on compte deux groupes de chiens double mutés M / M : ceux qui développent la MD entre 7 et 9 ans et ceux qui ne développent pas la maladie avant l’âge de 15 ans. Un gène modificateur, SP110, a été identifié et une mutation a été mise en corrélation avec un risque accru d’apparition précoce de la MD chez les corgis double mutés pour le SOD1. SP110 code pour une protéine nucléaire impliquée dans la matrice nucléaire et dans la régulation de l’expression génique.

Références :

Shelton GD, Johnson GC, O’Brien DP et al. (2012) Degenerative myelopathy associated with a missense mutation in the superoxide dismutase 1 (SOD1) gene progresses to peripheral neuropathy in Pembroke Welsh corgis and boxers. J Neurol Sci. 318(1-2):55-64. [pubmed/22542607]

Ivansson EL, Megquir K, Kozyrev SV et al.  (2016) Variants within the SP110 nuclear body protein modify risk of canine degenerative myelopathy.  PNAS USA E3091-E3100. [pubmed/27185954]