Atrophie dentaire, squelettique et rétinienne, DSRA (liée à MIA3)

 

Gène : MIA3

Mode de transmission : Autosomique récessif

Pour une maladie génétique autosomique récessive, un animal doit avoir deux copies de la mutation en question pour être à risque de développer la maladie. Les deux parents d’un animal affecté doivent être porteurs d’au moins une copie de la mutation. Les animaux qui n’ont qu’une seule copie de la mutation ne risquent pas de développer la maladie, mais ils sont des animaux porteurs qui peuvent transmettre la mutation à leur descendance.

Mutation : Délétion, gène MIA3 (erreur d’épissage) : c.3822+3_3822+4 dél.AT, p.(Val1238_Lys1274 avec le saut de 2 exons), Ch.38.

Système médical : Squelettique, dentaire, oculaire

Race : Cane Curso

Âge d’apparition des signes cliniques : Par 6 mois

Un syndrome héréditaire a été identifié chez des chiens Cane Corso, caractérisé par des anomalies dentaires et squelettiques ainsi qu’une dégénérescence rétinienne. Les chiens atteints étaient de petite taille, avec des pattes courtes et arquées, et présentaient des dents fragiles, transparentes et décolorées. La dégénérescence rétinienne était progressive, entraînant la cécité.

Des études moléculaires ont identifié une mutation d’épissage au sein du gène MIA3, qui code pour la protéine MIA3, parfois appelée protéine TANGO1. Cette protéine est impliquée dans le transport cellulaire de protéines destinées à être sécrétées dans l’espace extracellulaire, notamment les collagènes. Les collagènes constituent une famille de protéines extracellulaires structurales essentielles à la formation correcte des os, de la peau et des dents. La perturbation de la sécrétion de collagène par des mutations du gène MIA3 explique les manifestations cliniques du syndrome DSRA, observé chez l’homme, la souris et désormais le chien. Une étude à petite échelle portant sur 18 chiens Cane Corso atteints et 22 non atteints a confirmé le rôle causal de la mutation du gène MIA3. La fréquence de cette mutation au sein de la race Cane Corso reste à déterminer. Des tests ADN sont désormais disponibles pour permettre aux éleveurs et aux vétérinaires d’identifier les animaux porteurs et de recourir à la sélection génétique afin d’éliminer cette maladie.

Les mutations au sein même des gènes du collagène entraînent un dysfonctionnement de ces gènes et sont responsables des phénotypes de dysplasie oculosquelettique (OSD) décrits chez le chien. Voir : OSD1, OSD2.

 

Références :

Lien OMIA : [2465-9615]

Brown AT, Peak RM, Smithson CW, Bell C. (2024) Dental abnormalities in two dental-skeletal-retinal anomaly-positive Cane Corso dogs: A case series. J Vet Dent 41:409-423.  [pm/38146186]

Mack Wilson J, Bell C, Queck K, Scott K. (2022) A review of dentinogenesis imperfecta and primary dentin disorders in dogs.  J Vet Dent. 39(4):376-390.  [pm/36113440]

Christen M, Booij-Vrieling H, Oksa-Minalto J, et al. (2021) MIA3 Splice Defect in Cane Corso Dogs with Dental-Skeletal-Retinal Anomaly (DSRA). Genes (Basel) 12:1497. [pm/34680893]

Saito K, Chen M, Bard F, et al. (2009) TANGO1 facilitates cargo loading at endoplasmic reticulum exit sites. Cell 136:891-902. [pm/19269366]