Microphtalmie avec anomalies hématopoïétiques (liées à DNAJC21)
Gène : DNAJC21
Mode de transmission : Autosomique récessif
Pour une maladie génétique autosomique récessive, un animal doit avoir deux copies de la mutation en question pour être à risque de développer la maladie. Les deux parents d’un animal affecté doivent être porteurs d’au moins une copie de la mutation. Les animaux qui n’ont qu’une seule copie de la mutation ne risquent pas de développer la maladie, mais ils sont des animaux porteurs qui peuvent transmettre la mutation à leur descendance.
Mutation : Insertion (SINE element), DNAJC21 gene: c.A155 ins. [A70]AATCCAAGCAGC, p.(52 frameshift STOP 28), exon2, Chr.4.
Système médical : Oculaire, sang, dents
Race : Chien d'eau portugais
Âge d’apparition des signes cliniques : À partir de 2 semaines, lorsque les yeux s’ouvrent.
Un syndrome avec microphtalmie et les anomalies hématopoïétiques a récemment été identifié chez les chiens d’eau portugais. Les symptômes oculaires comprenaient une microphtalmie unilatérale ou bilatérale, avec ou sans la cataracte, la dystrophie cornéenne, le glaucome et un décollement de la rétine. Les anomalies hématopoïétiques incluaient une anémie et une thrombocytopénie. Des anomalies dentaires, telles qu’une hypoplasie de l’émail, un retard d’éruption dentaire et une dyschromie dentaire, ont été observées occasionnellement. Les chiots atteints étaient nettement plus petits que leurs congénères non atteints.
Vingt-trois animaux atteints ont fait l’objet d’une analyse généalogique révélant une consanguinité importante et l’identification d’un ancêtre commun. Le mode de transmission était compatible avec un caractère autosomique récessif. Des études moléculaires réalisées sur 18 animaux atteints ont mis en évidence l’insertion d’un élément SINE au sein du gène DNAJC21. Ce gène code pour une protéine de choc thermique de l’ADN qui contribue à la formation des ribosomes et intervient dans la traduction, le repliement et la translocation des protéines. Une étude menée sur 1 000 chiens d’eau portugais non atteints a permis de détecter 50 animaux porteurs (M/N), indiquant une pénétration de la mutation au sein de la population de la race, avec une fréquence de porteurs de 5 %.
Des tests ADN sont désormais disponibles pour les éleveurs et les vétérinaires de chiens d’eau portugais afin d’identifier les animaux porteurs et d’éliminer cette maladie de la race par sélection génétique.
À noter qu’une insertion SINE dans le gène RAB3GAP1 est responsable d’un syndrome de polyneuropathie observé chez le Husky d’Alaska, pouvant également s’accompagner la microphtalmie.
Références :
Lien OMIA : [2847-9615]
Murgiano L, Banjeree E, O’Connor C, et al. (2024) A naturally occurring canine model of syndromic congenital microphthalmia. G3 (Bethesda) 14:jkae067. [pm/38682429]
Avec les contributions de : Clémence Berguet et Rose Lafortune, Promotion de 2030, Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal.
