Mucolipidose de type II (liée à GNTPAB)
Gène : GNTPAB
Mode de transmission : Autosomique récessif
Pour une maladie génétique autosomique récessive, un animal doit avoir deux copies de la mutation en question pour être à risque de développer la maladie. Les deux parents d’un animal affecté doivent être porteurs d’au moins une copie de la mutation. Les animaux qui n’ont qu’une seule copie de la mutation ne risquent pas de développer la maladie, mais ils sont des animaux porteurs qui peuvent transmettre la mutation à leur descendance.
Mutation : Substitution, gène GNTPAB : c.2644 C>T, p.(Gln882 STOP), exon13, Chr.B4.
Systèmes médicals : Neurologique, squelettique (maladie de surcharge lysosomale)
Race : Domestic poil court
Âge d’apparition des signes cliniques : 2 à 3 mois ; mortel à 7 mois
Un chat domestique à poil court âgé de 7 mois présentait avec un retard de croissance, une ataxie, une dysmorphie faciale et des anomalies squelettiques évoquant une mucopolysaccharidose (maladie de surcharge lysosomale) comme observée chez l’homme et d’autres espèces. Les analyses enzymatiques ont révélé une diminution des taux cellulaires d’hydrolases lysosomales, tandis qu’un examen histologique a mis en évidence des inclusions cellulaires caractéristiques de la maladie des cellules-I (mucolipidose de type II) observée chez l’homme.
Bien que le chat atteint soit décédé, les croisements avec un demi-frère mâle sain a permis la mise en place d’un élevage de recherche pour approfondir l’étude de la maladie. Des analyses moléculaires ont mis en évidence une mutation causale du gène GNTPAB, qui code pour une enzyme impliquée dans le transport des hydrolases vers le lysosome. L’activité enzymatique du lysozome est donc déficiente, ce qui entraîne une accumulation lysosomale de cholestérol, de phospholipides, de glycosaminoglycanes (GAG) et d’autres biomolécules, une morphologie cellulaire décrite comme des « cellules-I », ainsi que les caractéristiques cliniques et développementales de la mucolipidose de type II.
La mucolipidose de type II chez le chat est une maladie génétique très rare, causé par des mutations naturelles. La transmission de la mutation causale est limitée par la mortalité précoce des animaux attients, avant l’âge de la reproduction. Cette maladie chez le chat présente un intérêt scientifique en tant que modèle expérimentale pour étudier la même maladie chez l’humaine, mais ne constitue pas un problème clinique pour les éleveurs de chats ni pour les vétérinaires.
Références :
Lien OMIA : [1248-9685]
Lyons LA. (2024) Genetic testing: practical dos and don’ts for cats. J Feline medicine and surgery 26:1-13. [pm/39648935]
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Mazrier H, Van Hoeven M, Wang W, et al. (2003) Inheritance, biochemical abnormalities, and clinical features of feline mucolipidosis II: the first animal model of human I-cell disease. J Hered. 94(5):363-373. [pm/14557388]
Bosshard NU, Hubler M, Arnold S, et al. (1996) Spontaneous mucolipidosis in a cat – an animal model of human I-cell disease. Veterinary Pathology 33:1-13. [pm/8826001]
Avec les contributions de : Stephanie Gilbert et Anastasia Gilbert, Promotion de 2030, Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal. (Traduction : DWS)
