Nanisme (lié à B4GALT7)
Gène : B4GALT7
Mode de transmission : Autosomique récessif
Pour une maladie génétique autosomique récessive, un animal doit avoir deux copies de la mutation en question pour être à risque de développer la maladie. Les deux parents d’un animal affecté doivent être porteurs d’au moins une copie de la mutation. Les animaux qui n’ont qu’une seule copie de la mutation ne risquent pas de développer la maladie, mais ils sont des animaux porteurs qui peuvent transmettre la mutation à leur descendance.
Mutation : Substitution, gène B4GALT7 : c.50G>A, p.(Arg17Lys), exon1, Chr.14.
Système médical : Squelettique, musculaire
Race : Frison
Âge d’apparition des signes cliniques : Dès la naissance.
Le Frison est une race de cheval de trait léger originaire des Pays-Bas. La mécanisation intervenue après la Seconde Guerre mondiale a entraîné une chute drastique de sa population, provoquant des déséquilibres génétiques et des troubles médicaux associés. Une maladie héréditaire autosomique récessive, le nanisme disproportionné, est connue pour affecter cette race. Les animaux atteints présentent des membres courts, des déformations costales, une hyperlaxité articulaire, une musculature peu développée et un retard de croissance. Une chondrodysplasie, caractérisée par une désorganisation des cartilages de croissance des os longs, est également présente. En 2008, on estimait que 0,25 % de la race était atteinte, ce qui correspond à une fréquence de porteurs sains d’environ un animal sur dix.
Des études moléculaires menées sur des chevaux frisons nains ont identifié une mutation du gène B4GALT7 comme étant responsable du phénotype observé. Ce gène code pour une enzyme essentielle à la formation des protéoglycanes extracellulaires, eux-mêmes indispensables à la formation normale du cartilage au niveau des plaques de croissance des os longs. Une mutation du gène B4GALT7, perturbant la croissance du cartilage et l’ossification endochondrale, expliquerait la chondrodysplasie observée chez le cheval frison nain. Les mutations du gène B4GALT7 sont également à l’origine du syndrome d’Ehlers-Danlos chez l’humain, qui présente des phénotypes similaires à ceux observés chez le cheval frison nain.
Un test ADN de dépistage de la mutation est désormais disponible, permettant aux éleveurs et vétérinaires de frisons d’identifier les animaux porteurs au sein de la race. Ainsi, grâce à une sélection rigoureuse des reproducteurs, le nanisme causé par la mutation B4GALT7 peut être éliminé. Cette sélection doit être menée avec précaution afin d’éviter tout nouveau goulot d’étranglement génétique susceptible d’entraîner d’autres problèmes génétiques pour la race.
Références :
Lien OMIA : [2068-9796]
Durward-Akhurst SA, Marlowe JL, Schaefer RJ, et al. (2024) Predicted genetic burden and frequency of phenotype-associated variants in the horse. Sci Rep 14:8396. [pm/38600096]
Vroman R, Malfait AM, Miller, RE, et al. (2021) Animal models of Ehlers-Danlos syndromes: Phenotype, pathogenesis, and translational potential. Front Genet 12:726474. [pm/34712265]
Leegwater PA, Vos-Loohuis M, Ducro, BJ, et al. (2016) Dwarfism with joint laxity in Friesian horses is associated with a splice site mutation in B4GALT7. BMC Genomics 17:839. [pm/27793082]
Back W, van der Lugt JJ, Nikkels PG, et al. (2008) Phenotypic diagnosis of dwarfism in six Friesian horses. Equine Vet J 40:282-7. [pm/18267883]
Avec les contributions de : Nouha Essadri et Leanna Dhanoa, Promotion de 2030, Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal.
