Syndrome d’Ehlers-Danlos classique (lié à COL5A2)
Gène : COL5A2
Mode de transmission : Autosomique dominant
Pour qu’une maladie génétique autosomique dominante soit diagnostiquée, un animal doit posséder au moins une copie de la mutation en question pour être susceptible de développer la maladie. Les animaux porteurs de deux copies de la mutation présentent généralement des symptômes plus graves et une apparition plus précoce de la maladie que ceux qui n’en possèdent qu’une seule. L’un des parents, voire les deux, d’un animal porteur de la mutation en possèdent une ou deux copies de la mutation. Les animaux porteurs d’une ou deux copies de la mutation peuvent la transmettre à leurs descendants. Les mutations spontanées (de novo) constituent une autre source de maladies génétiques dominantes.
Mutation : Substitution, gène COL5A2: c.2366G>T, p.(Gly789Val), exon35, Chr.2.
Système médical : Cutané
Race : Holstein
Âge d’apparition des signes cliniques : Après la naissance.
Un veau Holstein de trois jours présentait une peau fragile et hyperlaxe. Sa mère présentait également une laxité cutanée avec des cicatrices, mais était par ailleurs en bonne santé. Ces observations cliniques ont conduit au diagnostic de syndrome d’Ehlers-Danlos classique, malgré l’absence d’hyperextension articulaire. Une analyse moléculaire réalisée sur les deux animaux a révélé une mutation hétérozygote du gène COL5A2, susceptible d’expliquer les signes cliniques. Le gène COL5A2 code pour une protéine de collagène présente dans les tissus conjonctifs, qui confère leur résistance à la traction à des tissus comme la peau. Les mutations du gène COL5A2 ou du gène étroitement apparenté COL5A1 peuvent être responsables du syndrome d’Ehlers-Danlos classique observé chez l’homme, le chien et le chat. En général, les rares cas d’Ehlers-Danlos observés sont dus à des mutations dominantes spontanées. En médecine vétérinaire, comme les animaux atteints peuvent être identifiés peu après la naissance, ces mutations ont tendance à ne pas se transmettre au sein de la race. Ainsi, les cas classiques de syndrome d’Ehlers-Danlos, bien que malheureux pour l’animal concerné, ne doivent pas susciter d’inquiétude excessive chez les éleveurs.
Références :
Lien OMIA : [2295-9913]
Roberts JH, Halper J. (2021) Connective tissue disorders in domestic animals. Adv Exp Med Biol 1348:325-335. [pm/34807427]
Jacinto JGP, Häfliger IM, Veiga IMB, et al. (2020) A Heterozygous Missense Variant in the COL5A2 in Holstein Cattle Resembling the Classical Ehlers-Danlos Syndrome. Animals (Basel) 10:2002. [pm/33143196]
Avec les contributions de : Charlie Savard et Agathe Beauséjour, Promotion de 2030, Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal.
