Chondrodysplasie, phénotype Munchkin (liée à UGDH)

 

Gène : UGDH

Mode de transmission : Autosomique dominant (homozygote embryon létal)

Un animal porteur d’une seule copie de la mutation (M/N) développera le phénotype de chondrodysplasie (Munchkin). Si un seul parent est porteur (M/N), les chatons ont 50 % de chances de présenter ce phénotype. Si les deux parents sont porteurs, ce risque passe à 67 %. Les embryons porteurs de deux copies de la mutation (M/M, homozygotes mutants) meurent in utero.

Mutation : Délétion, gène UGDH ; délétion de 3303 pb impliquant une partie de l’intron 10-11, de l’exon 11 et une partie de la région 3’-UTR, Chr.B1

Système médical : Squelettique

Race : Munchkin

Âge d’apparition des signes cliniques : Dés la naissance (congénitale)

Le chat Munchkin présente un nanisme disproportionné (chondrodysplasie), caractérisé par des membres raccourcis malgré une taille corporelle normale. Identifié dans les années 1940 suite à une mutation naturelle, le chat Munchkin a été reconnu comme race en 1991. Le Munchkin standard présente le phénotype chondrodysplasique (pattes courtes), tandis que le Munchkin non-standard a des pattes de longueur normale. Des chatons standard et non-standard peuvent naître dans une même portée. Les essais de reproduction suggèrent un mode de transmission autosomique dominant, le phénotype Munchkin étant présent chez l’animal porteur (M/N). L’animal doublement mutant (M/M) n’est pas observé, ce qui suggère une létalité embryonnaire précoce. La petite taille des portées lors de l’accouplement de deux Munchkins support cette hypothèse.

La mutation responsable du phénotype Munchkin a été récemment décrite et implique une large délétion au sein du gène UGDH. Ce gène code pour l’enzyme protéique UDP-glucose 6-déshydrogénase, impliquée dans la synthèse des molécules de glucosaminoglycanes (GAG) extracellulaires, notamment le sulfate de chondroïtine. Le sulfate de chondroïtine est un composant structurel important du cartilage, et une formation cartilagineuse correcte est nécessaire à l’ossification endochondrale normale, comme on l’observe dans les os longs des membres. De plus, le sulfate de chondroïtine est un composant des molécules de protéoglycanes, qui sont elles-mêmes d’importants régulateurs de la signalisation du facteur de croissance des fibroblastes (FGF) lors de la croissance osseuse normale. Chez le chien, la dérégulation de l’expression du FGF, due à des mutations impliquant des rétrogènes FGF, est responsable du phénotype de chondrodysplasie canine (avec ou sans hernie discale associée), comme on l’observe chez plusieurs races de chiens, notamment le teckel. On ignore si les chats Munchkin sont plus sujets aux hernies discales que les chats ordinaires. On sait en revanche qu’ils sont plus sujets à l’arthrose.

En raison des risques potentiels pour la santé, la race de chat Munchkin n’est pas reconnue par de nombreuses associations félines.  L’élevage de chats Munchkin est interdit dans certains pays, dont les Pays-Bas.

 

Références :

Lien OMIA : [2541-9685]

Lyons LA. (2024) Genetic testing: practical dos and don’ts for cats.  J Feline medicine and surgery 26:1-13.  [pm/39648935]

Anderson LM, Fox DB, Chesney KL, et al. (2021) Skeletal manifestations of heritable disproportionate dwarfism in cats as determined by radiography and magnetic resonance imaging. Vet Comp Orthop Traumatol 34:327-337.  [pm/34082456]

Buckley RM, Davis BW, Brashear WA, et al. (2020) A new domestic cat genome assembly based on long sequence reads empowers feline genomic medicine and identifies a novel gene for dwarfism. PLoS Genet 16:e1008926.  [pm/33090996]

Struck AK, Braun M, Detering KA, et al. (2020) A structural UGDH variant associated with standard Munchkin cats. BMC Genet 21:67. [pm/32605545]

 

Avec les contributions de : Sarah Goulet et Siba Moukarzel, Promotion de 2028, et mis à jour de Jody Zhao et Judy Zhong, Promotion de 2030, Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal.