Dermatosparaxis, Syndrome d’Ehlers-Danlos, dEDS (liée à ADAMTS2)
Gène : ADAMTS2
Mode de transmission : Autosomique récessif
Pour une maladie génétique autosomique récessive, un animal doit avoir deux copies de la mutation en question pour être à risque de développer la maladie. Les deux parents d’un animal affecté doivent être porteurs d’au moins une copie de la mutation. Les animaux qui n’ont qu’une seule copie de la mutation ne risquent pas de développer la maladie, mais ils sont des animaux porteurs qui peuvent transmettre la mutation à leur descendance.
Mutation : Insertion, gène ADAMTS2 : c.698 ins.C, p.(S235Q frameshift STOP 3), Chr.A1
Système médical : Dermal
Race : Chat domestique
Âge d’apparition des signes cliniques : D’un jeune âge.
Le syndrome d’Ehlers-Danlos est un groupe de maladies génétiques touchant de nombreuses espèces animales et caractérisées par des anomalies des tissus conjonctifs. Il est dû à des défauts de maturation des fibres de collagène et peut être causé par de multiples anomalies génétiques. La dermatosparaxis (ou « sparaxis » signifie déchirer) est une forme de syndrome d’Ehlers-Danlos caractérisée par des anomalies des fibres de collagène au sein de la peau. Il en résulte une peau fine et fragile, présentant une mobilité accrue mais une faible résistance à la traction, ainsi qu’une mauvaise cicatrisation.
Quatre chatons de race européenne à poil court, issus d’une même lignée, présentaient des signes cliniques compatibles avec la forme dermatosparaxique du syndrome d’Ehlers-Danlos. L’analyse moléculaire a révélé une mutation homozygote par décalage du cadre de lecture dans le gène ADAMTS2. Le produit de ce gène code pour une enzyme extracellulaire impliquée dans la maturation du collagène. Des anomalies ultrastructures du collagène ont été observées dans les tissus des animaux atteints. Parmi 31 chats de la région testés pour cette mutation, 20 se sont révélés porteurs asymptomatiques. Cette mutation particulière du gène ADAMTS2 peut être considérée comme un allèle spontané amplifié localement à la suite de événements de consanguinité.
Les mutations du gène ADAMTS2 sont à l’origine du syndrome d’Ehlers-Danlos récessif observé chez plusieurs races de chiens. De multiples mutations du gène COL5A1 sont responsables du syndrome d’Ehlers-Danlos classique dominant, présent chez les chats et chez plusieurs races de chiens. Par ailleurs, une mutation du gène COL5A2 est responsable du syndrome d’Ehlers-Danlos dominant identifié chez les chihuahuas et les bovins Holstein.
Références :
Lien OMIA : [0328-9685]
Lyons LA. (2024) Genetic testing: practical dos and don’ts for cats. J Feline medicine and surgery 26:1-13. [pm/39648935]
Simon R, Kiener S, Thom N, et al. (2023) Identification of an ADAMTS2 frameshift variant in a cat family with Ehlers-Danlos syndrome. G3 (Bethesda) 13:jkad152. [pm/37462293]
Vroman R, Malfait AM, Miller RE, et al. (2021) Animal models of Ehlers-Danlos syndromes: Phenotype, pathogenesis, and translational potential. Front Genet 12:726474. [pm/34712265]
Avec les contributions de : Lola Kokta-Gagnon et Léa Bolduc, Promotion de 2030, Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal.
