Syndrome de longue QT (liée à KCNQ1)
Gène impliqué : KCNQ1
Mode de transmission: Autosomique dominant
Pour une maladie génétique autosomique dominante, un animal doit avoir au moins une copie de la mutation en question pour être à risque de développer la maladie. Les animaux avec deux copies de la mutation présentent généralement des symptômes plus sévères ainsi qu’un début précoce de la maladie que les animaux avec une seule copie de la mutation. Le ou les deux parents d’un animal porteur de la mutation ont obligatoirement une ou deux copies de la mutation. Les animaux qui ont une ou deux copies de la mutation peuvent transmettre la mutation à leur descendance.
Mutation: Substitution, gène KCNQ1 ; c.770 C>A, p.(257K), chr.18
Système médical : Cardiaque
Races: Épagneul springer anglais, Rottweiler
Âge d’apparition des signes cliniques : Variable, de l’animal jeune à l’animal adulte
Une femelle épagneul Springer anglais de 5 ans a donné naissance à une portée de sept chiots, puis est décédée subitement quatre mois plus tard, après une activité physique. Deux de ces chiots sont également décédés subitement après une activité physique, à cinq mois et à sept mois. Quatre chiots survivants de la même portée ont été examinés, et un électrocardiogramme (ECG) a révélé un allongement de l’intervalle QT chez trois d’entre eux. Cet allongement de l’intervalle QT peut être responsable d’arythmies cardiaques et de morts subites chez l’humain et résulte souvent de mutations du gène KCNQ1. Ce gène code pour une protéine de canal potassique impliquée dans la repolarisation des cellules cardiaques après une contraction. L’analyse moléculaire des quatre chiots survivants a révélé une mutation hétérologue du gène KCNQ1 chez les trois chiots présentant un allongement de l’intervalle QT à l’ECG. Le dernier chiot de la même portée, ainsi que onze chiens apparentés, ne présentaient pas cette mutation. Il est suggéré qu’une nouvelle mutation apparue chez la mère a été transmise à cinq de ses sept chiots, entraînant le syndrome du QT long et les décès subits observés. L’absence de cette mutation lors d’un dépistage commercial réalisé sur 751 épagneuls springer anglais suggère qu’elle était fortuite et ne représente pas un risque pour la race. La même étude a détecté une très faible incidence de porteurs pour la mutation (M/N = 0,02 %) dans une population de 4 718 rottweilers testés ; la signification de ce résultat reste inconnue.
Références :
Lien OMIA : [2332-9615]
Donner J, Freyer J, Davison S, et al. (2023) Genetic prevalence and clinical relevance of canine Mendelian disease variants in over one million dogs. PLoS Genet. 19(2):e1010651. [pubmed/36848397]
Rivas VN, Stern JA, Ueda Y. (2023) The role of personalized medicine in companion animal cardiology. Vet Clin North Am Small Anim Pract 53:1255-1276. [pm/37423841]
Ware WA, Reina-Doreste Y, Stern JA, Meurs KM. (2015) Sudden death associated with QT interval prolongation and KCNQ1 gene mutation in a family of English Springer Spaniels. J Vet Intern Med 29:561-8. [pubmed/25779927]
Avec les contributions de : Lea Fathallah et Marie-Elise Sotrea, promotion de 2030, Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal.
