Profil de maladie canine – Myélopathie dégénérative

La myélopathie dégénérative (MD) est une maladie dégénérative neuromusculaire causée par une mutation génétique identifiée chez de nombreuses races de chien. Les facteurs environnementaux ainsi que d’autres facteurs génétiques peuvent contribuer à l’apparition et à la progression de la maladie. La MD est une maladie qui affecte la substance blanche de la moelle épinière et est équivalente à la sclérose latérale amyotrophique (SLA), également connue sous le nom de maladie de Lou Gehrig chez l’Homme. Les chiens atteints commencent généralement à présenter des symptômes d’atrophie musculaire progressive vers l’âge de 7 à 9 ans, avec une perte initiale de coordination des membres postérieurs. Ils peuvent perdre leur mobilité six mois à deux ans après l’apparition des premiers signes cliniques et les gros chiens présentant une progression plus rapide des symptômes que les petits chiens. La douleur n’est pas associée à la progression des symptômes. La maladie peut évoluer au point où l’animal devienne incontinent et éventuellement paraplégique. Il n’y a pas de traitement. Souvent, l’animal affecté est euthanasié pour des raisons humanitaires avant d’arriver à ces derniers stades.

 

La MD chez les chiens est un exemple de maladie génétique qui suit (plus ou moins) une génétique simple ou mendélienne. La mutation de l’ADN liée à la MD est une simple substitution d’une lettre par une autre, trouvée dans le gène SOD1. Cette mutation a été identifiée chez plus de 180 races de chiens. Je ne les énumère donc pas toutes. La MD est considérée comme une maladie autosomique récessive à pénétrance variable. Des chiens de plusieurs races sont particulièrement à risque de développer la MD lorsqu’ils sont double mutés (M/M). Parmi ces races figurent, entre autres, le Berger allemand, le Bouvier bernois et le Boxer. Pour ce qui est des autres races, les chiens peuvent être M/M pour la mutation du gène SOD1, mais peuvent développer ou non la myélopathie dégénérative selon des facteurs génétiques supplémentaires appelés gènes modificateurs. Un exemple est le Welsh Corgi Pembrooke. Les Corgis M/M pour la mutation du gène SOD1 peuvent présenter des signes cliniques de MD à l’âge de 7 à 9 ans ou peuvent être exempts de signes à l’âge de 15 ans. La susceptibilité accrue semble être due à la présence d’une mutation dans un gène modificateur qui a été identifié chez les Corgis. Malheureusement, les gènes modificateurs d’autres races, même s’ils ne sont encore que suspectés, ne sont pas encore identifiés. Le Bouvier bernois est une autre race qui mérite d’être mentionnée. En effet, une seconde mutation dans le gène pouvant entraîner une augmentation de risques et de symptômes de MD a été identifiée chez cette race. Cette seconde mutation n’est pas observée chez les autres races. La génétique simple n’est donc pas toujours simple. Cette situation chez le chien demeure toutefois moins complexe que la génétique de la SLA chez l’Homme, où il existe plus de 150 mutations documentées dans le gène SOD1 humain avec au moins 5 gènes modificateurs associés différents.

Il y a plusieurs aspects pratiques concernant la MD chez les chiens qui méritent d’être mentionnés. C’est une maladie récessive qui survient plus tard dans la vie, après les années de reproduction de l’animal. Bien entendu, les animaux doubles mutés M/M présentant des symptômes posent un problème. Mais les animaux porteurs non identifiés (M/N) constituent un problème supplémentaire, en particulier en ce qui concerne la lutte contre la maladie chez une race. Si les animaux M/N sont insciemment utilisés pour la reproduction, il y a de fortes chances que la mutation soit transmise à la génération suivante. Plus problématique encore, si deux animaux M/N sont reproduits ensemble, il y a une chance sur quatre de produire des chiots double mutés M/M à risque de développer MD plus tard dans la vie. Et le cycle de la maladie se poursuit. Ces chiots existent parce que je vois leur ADN ; je sais qu’à 7 ou 9 ans, ils seront emmenés dans une clinique vétérinaire parce qu’ils commencent à avoir la perte de coordination des membres postérieurs.

Bien que les animaux porteurs non identifiés soient un problème, dès que ceux-ci sont identifiés (généralement par un test ADN), ils deviennent beaucoup moins problématiques. Les animaux porteurs ne courent aucun risque de développer la maladie et s’ils sont reproduits avec des animaux « clear » N/N, il n’y a aucun risque de produire des chiots double mutés M/M. Comme je tiens souvent à dire aux éleveurs, l’identification d’un animal porteur (M/N) est une bonne nouvelle, même s’ils auraient bien évidemment préféré identifier un animal « clear » (N/N). C’est l’identification de l’animal porteur qui est important.

Quoi qu’il en soit, en raison du nombre de races de chiens porteurs de la mutation SOD1, la fréquence de la mutation observée au sein des races, de l’âge tardif de la maladie, de la génétique « simple » plutôt compliquée ainsi que de la nature décentralisée de l’élevage de chiens, il faudra de nombreuses années avant que la MD et sa mutation soient éliminées de nos races de chiens.

Les profils de séquençage de l’ADN et les fréquences des animaux N/N « clear », M/N (porteurs) et M/M (double mutés) pour la mutation MD, sur une base de plus de 600 chiens testés à Labgenvet, sont les suivants :

Pour obtenir des informations génétiques supplémentaires et des références concernant la myélopathie dégénérative (MD) chez le chien, veuillez consulter le lien suivant: http://labgenvet.ca/m416-fr-myelopathie-degenerative-dm-sod1/.

Une liste complète des maladies génétiques simples chez les chiens est disponible à l’adresse suivante: http://labgenvet.ca/maladies-genetiques-chiens/.

© 2018 David W. Silversides